On peut les retrouver dans des tissus, des vernis, des peintures, des produits cosmétiques ou même dans les aliments. Mais quelle peut être leur utilité ?
Des utilisations plus que discutables
Les nanoparticules, largement étudiées par les scientifiques depuis le début des années 1990, ont été considérées par les secteurs industriels comme de petites révolutions. Comme le révélait le Canard enchaîné en juillet 2009, les applications sont multiples : les industriels promettent des tissus infroissables qui résistent mieux aux tâches, des peintures pour voitures qui ne se rayent plus…
Surtout, les nanoparticules sont utilisées comme épaississant dans le ketchup, pour éviter les grumeaux dans les soupes, pour rendre les aliments plus onctueux (notamment les glaces) ou encore pour que le chocolat ne blanchisse pas en raison de son vieil âge (grâce à un savant saupoudrage "nanoparticulaire" de dioxyde de titane, substance reconnue cancérigène pour l’homme en 2006 par le Centre international de recherche sur le cancer).
En 2007, des chercheurs de Lausanne ont réussi à fabriquer une nanoparticule permettant d’améliorer l’efficacité de vaccins. Il semblerait d’ailleurs que des vaccins contre la grippe porcine H1N1, approuvés par les gouvernements en septembre 2009, contiennent eux aussi des nanoparticules. Ces dernières font espérer le domaine pharmaceutique. Remède miracle du futur pour soigner des maladies ? Ou nouvelle aubaine financière ?
Du miracle industriel au désastre sanitaire ?
Présentes partout, mais invisibles, les nanoparticules semblent être ignorées par les gouvernements. Aucune norme en matière d’exposition aux nanoparticules n’a été prise, alors que les populations y sont largement soumises quotidiennement, par leur consommation, mais aussi à cause de la pollution générée par les transports. Cette dernière reste une source principale d’émission de nanoparticules. Or, les nanoparticules s’immiscent très facilement dans l’organisme par les voies respiratoires, la peau et l’appareil digestif dans le cas des aliments. L’ennui, c’est qu’une fois à l’intérieur, les nanoparticules continuent leur chemin et pénètrent dans les tissus, le sang, voire même jusque dans le placenta.
Les risques commencent à être connus. Des études récentes menées en Chine et au Japon évoquent de possibles destructions de cellules par les nanoparticules. En septembre 2009 est paru dans l’European Respiratory Journal un article intitulé « L'exposition aux nanoparticules est liée à l’épanchement pleural, à la fibrose pulmonaire et à des granulomes ». Les scientifiques Y. Song, X. Li et X. Du concluent : « ces cas (des patientes – dont deux sont décédées - ont été examinées) ravivent l'attention sur le fait que l'exposition à long terme à certaines nanoparticules sans mesures de protection peut aboutir à de sérieux dommages aux poumons humains »
La prudence doit être de mise. Le Parlement européen a certes pris certaines mesures, notamment en 2009 dans le domaine des cosmétiques où, désormais, tout produit doit mentionner sur son étiquette la présence de nanoparticules. Mais ce n’est toujours pas le cas pour les aliments...
Les nanoparticules restent décidément invisibles ! Elles rappellent dangereusement un autre scandale... Est-il utile de préciser que les nanoparticules sont plus petites encore que les particules d’amiante ?
Source: Médecine Générale - Loïc Vauzelle
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Des utilisations plus que discutables
Les nanoparticules, largement étudiées par les scientifiques depuis le début des années 1990, ont été considérées par les secteurs industriels comme de petites révolutions. Comme le révélait le Canard enchaîné en juillet 2009, les applications sont multiples : les industriels promettent des tissus infroissables qui résistent mieux aux tâches, des peintures pour voitures qui ne se rayent plus…
Surtout, les nanoparticules sont utilisées comme épaississant dans le ketchup, pour éviter les grumeaux dans les soupes, pour rendre les aliments plus onctueux (notamment les glaces) ou encore pour que le chocolat ne blanchisse pas en raison de son vieil âge (grâce à un savant saupoudrage "nanoparticulaire" de dioxyde de titane, substance reconnue cancérigène pour l’homme en 2006 par le Centre international de recherche sur le cancer).
En 2007, des chercheurs de Lausanne ont réussi à fabriquer une nanoparticule permettant d’améliorer l’efficacité de vaccins. Il semblerait d’ailleurs que des vaccins contre la grippe porcine H1N1, approuvés par les gouvernements en septembre 2009, contiennent eux aussi des nanoparticules. Ces dernières font espérer le domaine pharmaceutique. Remède miracle du futur pour soigner des maladies ? Ou nouvelle aubaine financière ?
Du miracle industriel au désastre sanitaire ?
Présentes partout, mais invisibles, les nanoparticules semblent être ignorées par les gouvernements. Aucune norme en matière d’exposition aux nanoparticules n’a été prise, alors que les populations y sont largement soumises quotidiennement, par leur consommation, mais aussi à cause de la pollution générée par les transports. Cette dernière reste une source principale d’émission de nanoparticules. Or, les nanoparticules s’immiscent très facilement dans l’organisme par les voies respiratoires, la peau et l’appareil digestif dans le cas des aliments. L’ennui, c’est qu’une fois à l’intérieur, les nanoparticules continuent leur chemin et pénètrent dans les tissus, le sang, voire même jusque dans le placenta.
Les risques commencent à être connus. Des études récentes menées en Chine et au Japon évoquent de possibles destructions de cellules par les nanoparticules. En septembre 2009 est paru dans l’European Respiratory Journal un article intitulé « L'exposition aux nanoparticules est liée à l’épanchement pleural, à la fibrose pulmonaire et à des granulomes ». Les scientifiques Y. Song, X. Li et X. Du concluent : « ces cas (des patientes – dont deux sont décédées - ont été examinées) ravivent l'attention sur le fait que l'exposition à long terme à certaines nanoparticules sans mesures de protection peut aboutir à de sérieux dommages aux poumons humains »
La prudence doit être de mise. Le Parlement européen a certes pris certaines mesures, notamment en 2009 dans le domaine des cosmétiques où, désormais, tout produit doit mentionner sur son étiquette la présence de nanoparticules. Mais ce n’est toujours pas le cas pour les aliments...
Les nanoparticules restent décidément invisibles ! Elles rappellent dangereusement un autre scandale... Est-il utile de préciser que les nanoparticules sont plus petites encore que les particules d’amiante ?
Source: Médecine Générale - Loïc Vauzelle
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